Jeudi 5 novembre 2026 (10h-12h)
Intervenantes et organisatrices : Odeline BILLANT, Alida BOISHUS (à confirmer), Alix LEVAIN
Résumé :
« Si vous n’aviez pas pesé le sens de la vie à la campagne nous vous conseillons de porter votre projet sur d’autres horizons ». C’est par ces mots que se termine la charte adoptée par le conseil municipal de Canihuel début 2021, adressée « aux citadins » qui voudraient s’y installer. Les critiques portées à l’encontre de l’agriculture dominante sont souvent problématisées, par les acteurs institutionnels, médiatiques, ou agricoles, comme étant portées par des habitants des villes ou des personnes extérieures au territoire. Or, une sur-criticité spécifique des néoruraux par rapport à la population n’est pas démontrée dans la littérature, qui s’intéresse par ailleurs peu aux relations entre habitants et agriculture dans les zones rurales.
En Bretagne, où l’agriculture et ses activités associées représente un secteur économiquement puissant, le contexte historique et géographique rend particulièrement vive la question de la critique de l’agriculture. Or, l’ampleur et la rapidité de son développement depuis 1945 a eu et continue d’avoir des effets sur l’environnement particulièrement visibles, médiatisés, controversés et débattus localement, parmi lesquels la qualité de l’eau et la prolifération d’algue vertes. La mise en œuvre par l’Etat de Plans de Lutte contre les Algues Vertes (PLAV) depuis 2010 n’a ni permis d’endiguer le problème, ni d’apaiser le débat, alors qu’on observerait une polarité de la société dans les territoires touchés par ces proliférations, autour du fait d’appartenir ou non au monde agricole. La réception des critiques des effets environnementaux des activités agricoles est d’autant plus difficile dans un contexte de réduction du nombre d’agriculteurs et d’exploitations agricoles, et du développement sur certains espaces agricoles de l’activité touristique et de son emprise foncière, associée à l’arrivée de nouveaux habitants.
En l’absence de travaux spécifiquement axés sur les relations entre habitants et agriculture, il est difficile d’identifier dans quelle mesure l’expérience ou la médiatisation des effets sur l’environnement de l’agriculture a une influence sur les relations des habitants avec cette dernière. C’est dans ce contexte que l’enquête « l’Agriculture et nous » s’est déployée sur le bassin versant de la baie de Douarnenez et du Blavet en juin 2025. Basée sur un échantillon (n=422) non probabiliste, elle vise à développer et expérimenter un outil de diagnostic accessible aux collectivités locales.
La première partie de cette présentation reviendra sur le contexte historique, institutionnel, médiatique et scientifique dans lequel cette enquête s’inscrit. La deuxième partie présentera la méthodologie suivie pour construire cette enquête, en lien avec les acteurs du territoire dans leur diversité (agriculteurs, gestionnaires, membres de la Commission Locale de l’Eau), et pour son analyse. La troisième partie présentera deux résultats principaux de l’enquête : la critique des effets environnementaux de l’agriculture et la mention des algues vertes, en fonction du profil des répondants. Alida Boishus (directrice de l’Etablissement public de gestion et d’aménagement de la baie de Douarnenez, EPAB, partenaire de l’enquête) prendra ensuite la parole pour partager un retour d’expérience (à confirmer).
Lien de connexion (jeudi 5 novembre 2026, 10h-12h) : https://webinaire.numerique.gouv.fr/meeting/signin/invite/91348/hash/cc4a2e1e6b640426c9f444998ae0f19c29a61391
La présentation de l’enquête sera enregistrée, et diffusée sur la Chaine Canal U du projet : https://www.canal-u.tv/chaines/greenseas/les-restitutions-greenseas
Ce travail a bénéficié d’une aide de l’État gérée par l’Agence Nationale de la Recherche au titre de France 2030 portant la référence « ANR-22-EXES-0008 », sous le nom « IRIS-E ExcellencES ».
